• Saran à travers le temps

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Mot des commissaires

Que l’on vive dans un territoire loirétain ou ailleurs, les recherches archéologiques et historiques permettent d’appréhender la construction et les mutations de ces espaces dans la longue durée.

Les travaux menés en particulier à Saran ont révélé un potentiel archéologique et historique très riche. Le paysage actuel, bien qu’amplement modifié au cours des deux derniers siècles, conserve les traces d’un aménagement continu depuis au moins 2 000 ans.

Jusqu’au 19e s., la configuration de Saran est multipolaire : les installations se répartissent à proximité des axes de circulation. Les activités sont majoritairement agricoles mais, à partir du 6e s. et jusqu’à récemment, l’activité potière est importante et devient la spécificité de ce territoire.

Du 19e s. à nos jours, l’organisation du territoire saranais est modifiée sous l’effet de l’industrialisation et la création de nouvelles infrastructures dans le nord-ouest de l’Orléanais, principalement après la Seconde Guerre mondiale. Le bourg connaît un essor majeur à partir des années 1950 et Saran devient une ville aujourd’hui intégrée dans la Métropole d’Orléans.

À Saran ou ailleurs, la connaissance de l’histoire du territoire est nécessaire pour préserver son patrimoine tout en planifiant un aménagement durable. Les données archéologiques et historiques collectées sont utiles pour élaborer les documents d’urbanisme futurs (PLU, SCOT), car elles contribuent à protéger et à valoriser ces patrimoines enfouis ou construits.

Repères chronologiques

Intro

Le travail de l’archéologue consiste, entre autres, à dater les vestiges à l’aide des objets mis au jour. Ces « mobiliers archéologiques » ont des caractéristiques propres à leur période de fabrication et d’utilisation. Des datations sont également obtenues à partir d’analyses en laboratoire effectuées sur des charbons de bois, des ossements ou encore des terres cuites.

Corps du texte

Le territoire saranais a été façonné par les groupes humains qui l’ont occupé ou traversé depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours. La chronologie de cette présence humaine a été définie en cohérence avec les résultats archéologiques.

Ainsi, dans cette exposition, l’histoire de Saran est restituée en quatre temps :

  • avant le 2e s. avant notre ère (abrégé “av. n. è.”) correspondant à une partie de la Préhistoire et de la Protohistoire
  • entre le 2e s. avant notre ère et le 8e s. de notre ère (abrégé “de n. è.”) englobant la fin de la Protohistoire, l’Antiquité et le début du Moyen Âge
  • entre le 8e s. et la fin du 19e s. incluant la suite du Moyen Âge et l’époque moderne
  • de la fin du 19e s. au début du 21e s. concordant avec l’époque contemporaine

Certains sites archéologiques ont révélé une succession de vestiges de différentes périodes.

Fig.1 – frise chronologique sur l’ensemble de la section

Cadre naturel et ressources

Intro

Le territoire de Saran couvre aujourd’hui 1 960 hectares et intègre une partie de la forêt d’Orléans. Il est entouré des villes d’Orléans, Ormes, Fleury-les-Aubrais, Chanteau, Gidy et Cercottes.

Les limites actuelles de la commune, définies à la Révolution française, sont héritées du façonnage du paysage au cours du temps.

Corps du texte

Ce territoire se situe sur le plateau de calcaire de Beauce surmonté de marnes (altération du calcaire), de sables et d’argiles. Ces formations géologiques sont exploitées pour les activités domestiques, agricoles et artisanales, au moins depuis l’âge du Fer.

Si ce cadre géologique est propice aux installations humaines, il est aussi à l’origine d’aléas* environnementaux qui les impactent : des effondrements karstiques* ou des problèmes de retrait/gonflement des argiles liés aux variations climatiques sont visibles sur les sites étudiés dès la Protohistoire.

Les recherches archéologiques permettent de restituer des vallons témoignant de la présence de rivières ou d’anciens bras de la Loire actifs avant l’implantation humaine. S’il n’y a plus de cours d’eau permanents, il existe de nombreuses mares ou des trous d’eaux semi-permanents formés dans l’argile imperméable. Elles ont également montré l’existence, depuis la Protohistoire, de collecteurs d’eaux pluviales (citerne) ou liés à son évacuation (puisard) ainsi que des puits pour prélever l’eau des nappes souterraines.

La forêt d’Orléans donne un accès privilégié au bois, matière première incontournable pour la construction, les besoins domestiques et l’artisanat. Comme l’indiquent les découvertes archéologiques et l’étude des archives, la forêt est exploitée depuis la Préhistoire. À partir du Néolithique, elle est défrichée* pour créer des espaces agricoles (culture et élevage).

Jusqu’à la fin du 20e s., l’exploitation de l’argile et du bois fournit une source de revenus importante aux exploitants. Le développement de ces activités est favorisé par la proximité de la ville d’Orléans et ses nombreux débouchés.

*aléas : événements imprévus

*karstiques : paysage formé par la dissolution de roches, comme le calcaire par l’eau. L’eau de pluie, légèrement acide, creuse la roche, ce qui crée des formes très particulières.

*défrichée : la forêt est coupée et les broussailles sont retirées pour cultiver la terre ou construire des bâtiments.

Fig.1 – Carte des espaces naturels

Saran : un laboratoire archéologique

Intro

Les opérations archéologiques réalisées à ce jour couvrent près du quart de la surface de la commune de Saran, ce qui est exceptionnel dans la région (fig.1). Les différents acteurs de l’archéologie ont développé sur ce territoire loirétain des méthodes précurseures à l’échelle nationale.

Corps du texte

Si les premières recherches remontent au 19e s., l’activité archéologique se développe à partir de 1968 suite à la découverte fortuite d’ateliers de potier du Moyen Âge lors du creusement du lac de la Médecinerie.

La portée scientifique de ce site conduit à un premier « sauvetage urgent » en 1969. En 1972, l’expérimentation de tranchées creusées à la pelle mécanique et de prospections géophysiques pour détecter les fours de potier constitue une première nationale, préfigurant les diagnostics archéologiques tels qu’ils seront pratiqués vingt ans plus tard (Fig.2 et 3).

Depuis les années 1980, la commune fait l’objet de prospections* et de fouilles programmées*, ainsi que d’études universitaires et de fonds d’archives. En parallèle, depuis les années 2000, les opérations d’archéologie préventive* se sont multipliées au gré des aménagements du bourg et de sa périphérie (fig.4).

La quantité importante de vestiges et de mobilier archéologique collectés offre l’opportunité aux chercheurs de réaliser des études environnementales et de mettre en place des méthodes innovantes : analyses physico-chimiques* des céramiques, utilisation de l’intelligence artificielle pour l’étude des terres cuites architecturales ou datations par l’intensité magnétique*.

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Qui sont les acteurs de l’archéologie ?

Il s’agit des archéologues et des historiens, professionnels ou bénévoles, appartenant à différents organismes ou associations :

  • Service d’archéologie préventive du Loiret (Sap)
  • Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap)
  • Service d’archéologie de la Ville d’Orléans (Savo)
  • CNRS (UMR CItés TERritoires Environnement et Sociétés, Tours)
  • Service régional de l’archéologie Centre Val-de-Loire (SRA)
  • Société archéologique et historique de l’Orléanais (Saho)
  • Bureau de recherches en archéologie de Saran (Bras)
  • Groupe d’histoire locale de Saran (GHL)
  • Fédération archéologique et historique du Loiret (Fahl)…

*prospections : méthodes de détection de vestiges archéologiques comme la collecte de mobilier remonté par les labours (prospection pédestre), ou l’étude des propriétés physiques du sous-sol (prospections électriques, magnétiques…). Ces interventions sont soumises à autorisation de l’Etat.

*fouilles programmées : fouilles menées sur des sites déjà connus et non menacés par des projets d’aménagement.

*archéologie préventive : diagnostics et fouilles réalisés en amont d’un aménagement impactant le sous-sol.

*analyses physico-chimiques : analyses des propriétés physiques des argiles composant les objets en terre cuite (minéraux, oxydes…) afin d’identifier l’origine de l’argile.

*datations par l’intensité magnétique : méthode qui mesure le champ magnétique terrestre en se focalisant sur sa direction et sa longueur. Le champ magnétique contenu dans les matériaux varie au cours du temps et est figé sous l’action du feu.

Fig.1 – Localisation de l’ensemble des opérations archéologiques à Saran

© SAP – Département du Loiret

Fig.2 – Émile Thellier en cours de prélèvement pour réaliser des datations par archéomagnétisme sur un four de potier du lac de la Médecinerie en 1968

© Droits réservés

Fig.3 – Tranchées réalisées à la pelle mécanique en 1972 au sud du lac de la Médecinerie

© Droits réservés

Fig.4 – Emprise d’une fouille préventive menée sur la ZAC des Portes du Loiret

© SAP – Département du Loiret

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Pour site internet :

Pour réaliser des analyses, ils collaborent notamment avec des chercheurs de l’Institut physique du globe (Paris), du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), de l’Université d’Orléans (Polytech) et de Sorbonne Université (Paris).