Archéologie à Saran

De la Préhistoire au 2e s. av notre ère

En région Centre-Val de Loire, les premières traces humaines remontent à plus d’1 million d’années. L’occupation du territoire est intermittente*, dans un environnement soumis aux variations climatiques et aux changements environnementaux. Comme partout en Europe, les cycles glaciaires se succèdent jusqu’à – 10 000, où l’installation d’un climat tempéré marque le début de l’Holocène*. Les archéologues travaillent à évaluer l’impact de ces variations sur les populations et à restituer les paysages.

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De la Préhistoire au 2e s. av. n. è. : une enquête en cours

Intro

En région Centre-Val de Loire, les premières traces humaines remontent à plus d’1 million d’années. L’occupation du territoire est intermittente*, dans un environnement soumis aux variations climatiques et aux changements environnementaux. Comme partout en Europe, les cycles glaciaires se succèdent jusqu’à – 10 000, où l’installation d’un climat tempéré marque le début de l’Holocène*. Les archéologues travaillent à évaluer l’impact de ces variations sur les populations et à restituer les paysages.

En région Centre-Val de Loire, les premières traces humaines remontent à plus d’1 million d’années. L’occupation du territoire est intermittente*, dans un environnement soumis aux variations climatiques et aux changements environnementaux. Comme partout en Europe, les cycles glaciaires se succèdent jusqu’à – 10 000, où l’installation d’un climat tempéré marque le début de l’Holocène*. Les archéologues travaillent à évaluer l’impact de ces variations sur les populations et à restituer les paysages.

Corps du texte

Sur le territoire saranais, des vestiges attestent d’une présence humaine au Paléolithique, à partir de – 300 000 ans environ. L’Europe est alors occupée par l’Homme de Néandertal (Homo neandertalensis), progressivement remplacé par l’Homme moderne (Homo sapiens), autour de – 40 000 ans. Ils sont nomades et chasseurs-cueilleurs. Aucune trace de leur habitat n’est conservée. Seuls leurs outils taillés dans le silex sont parfois retrouvés lors des fouilles.

À partir de – 5000, débute le Néolithique. De nouvelles populations venant du Moyen-Orient apportent avec elles un mode de vie sédentaire et les moyens de produire leur alimentation grâce à l’agriculture (orge et blé) et à la domestication (moutons, vaches, cochons). On parle de révolution néolithique.

À Saran, les données sont ténues. Les sites occupés sont en partie érodés par les activités humaines postérieures et les événements climatiques. Seule une part infime de la culture matérielle nous parvient (outils en silex et poteries). Les objets en matériaux périssables (bois, peau, fibres végétales) ne se conservent pas.

Pour l’âge du Bronze et le premier âge du Fer, quelques structures sont parfois préservées en fond de vallon sous des colluvions* : fosses de stockage (silo), d’extraction (carrière) ou d’activité artisanale (tissage). Des bâtiments sur poteaux et des petits enclos fossoyés* ont également été mis au jour sur la ZAC des Portes du Loiret (fig.2).

En différents lieux, silex et céramique ont été piégés dans des dolines*. Ces mobiliers, parfois associés à des charbons de bois et des graines carbonisées, documentent les activités domestiques, agricoles et artisanales pratiquées dans l’environnement immédiat des sites et sur le territoire.

*intermittente : occupation qui n’est pas continue dans le temps, selon les saisons, les années ou même les siècles.

*Holocène : période géologique interglaciaire qui débute vers -11 700 ans et perdure jusqu’à nos jours.

*colluvions : ensemble de terre, sable, cailloux ou débris qui s’accumulent en bas d’une pente sous l’effet du climat (pluie, vent, sécheresse).

*enclos fossoyés : enclos délimités par des fossés.

*dolines : creusements formés par la dissolution du calcaire.

Fig.1 – Localisation des sites et indices de sites datés du Paléolithique au premier Âge du Fer

© SAP – Département du Loiret

Fig.2 – Plan des zones d’occupations du début de l’âge du Fer (Hallstatt D1) sur la ZAC des Portes du Loiret

© SAP – Département du Loiret

Plusieurs bâtiments associés à des structures de stockage et artisanales ont été identifiés. Les études des charbons de bois et des graines carbonisées révèlent la présence de céréales cultivées (orge vêtue, blés et millet) et la consommation de glands.

Fig.3 – Aquarelle A

Un paysage steppique de climat froid (jusqu’à – 10 000)

Durant le Quaternaire, le climat se caractérise par une alternance de périodes glaciaires et interglaciaires selon des cycles de 100 000 ans environ. L’une des dernières périodes les plus froides se déroule au Magdalénien, à la fin du Paléolithique (-20 000 -18 000).

Les paysages ouverts de notre région sont couverts de steppe herbacée associée à quelques arbustes et les sols sont souvent gelés. Les populations vivent en petits groupes. Nomades, ils vivent dans des abris démontables et transportables. Ils chassent de grands troupeaux de rennes, de chevaux et de bisons à l’aide de sagaies.

Fig.4 – Aquarelle B

Le réchauffement du climat et l’essor de la forêt primaire à l’Epipaléolithique (-10 000 -8 000)

La forêt reconquiert le territoire et se compose principalement de pins, bouleaux, saules, genévriers et noisetiers. Avec le réchauffement général, les espèces animales froides migrent vers le nord, suivies par l’arrivée progressive des cerfs, sangliers et chevreuils, caractéristiques de la taïga. Les nomades chassent à l’arc en milieu forestier, pêchent et pratiquent la cueillette dans un environnement riche en ressources.

Fig.5 – Aquarelle C

Le développement de la forêt tempérée au Mésolithique (-8000 -5000)

L’essence emblématique est le noisetier, associé au chêne et à l’orme, au détriment des pins et des bouleaux. Les populations sont très bien intégrées à cet environnement où le nomadisme saisonnier semble être la norme. Il s’agit des premières à creuser le sol pour différents usages : conserver des noisettes, piéger des animaux ou enterrer les morts.

Fig.6 – Aquarelle D

Un paysage modelé par les humains au Néolithique (-5000 – 200)

Les populations néolithiques arrivent, depuis l’est de la France, avec leurs animaux domestiques. Elles commencent à déboiser pour cultiver les céréales et construire leurs maisons. Les derniers chasseurs-cueilleurs semblent vite assimilés aux populations sédentaires. La chasse et la cueillette restent régulièrement pratiquées.

À partir de – 4000, on estime que 40 à 50 % du paysage n’est plus forestier mais occupé par des champs, des prairies et des zones d’habitat. La forêt évolue et intègre de nouvelles essences (hêtre, charme…). L’ouverture du milieu, le mode de vie sédentaire et agropastoral persistent à Saran jusqu’à nos jours.

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