Panneau 1
Durant cette longue période, plusieurs zones funéraires ont été identifiées à Saran. (1)
À la Protohistoire, les pratiques funéraires ont laissé peu de traces. Les seuls vestiges osseux humains découverts sur la ZAC des Portes du Loiret datent de la Tène : des fragments de crânes dans les fossés d’enclos et un trou de poteau, ainsi que deux squelettes au fond d’un puits. (2)
Si la présence des squelettes peut être interprétée comme un geste sépulcral, il n’en est pas de même pour les restes crâniens trouvés en contexte d’habitat. Ils sont plus probablement à rapprocher de pratiques qui, au cours de La Tène, visaient à valoriser des restes d’ancêtres ou d’ennemis (crânes trophées).
Ces pratiques sont connues par les auteurs latins et sur bien d’autres sites archéologiques en France, en particulier à Orléans.
Aucun vestige funéraire de l’Antiquité n’a été mis au jour.
Panneau 2
Pour le début du Moyen Âge, des petits groupes de tombes sont localisés à proximité des habitats ou au bord des voies :
- Une nécropole mérovingienne a fait l’objet d’observations au Grand Cimetière ;
- À la ZAC des Vergers, 130 individus (8e– 9e s.) sont répartis en plusieurs pôles funéraires autour de l’habitat. Elle correspond à la plus importante population inhumée connue dans un domaine rural médiéval de la région ;
- À la ZAC Portes du Loiret, 68 sépultures (fin 6e -11e s.) sont également organisées en différents pôles ;
- Aux Montaubans, 51 individus (8e– 13e s.) sont regroupés dans un cimetière au bord de la voie Orléans-Chartres.
Les individus inhumés au Moyen Âge sont de tous âges et des deux sexes. Certaines sépultures sont associées à un coffrage en tuiles produites sur place. (3) Des fragments de sarcophages en calcaire ont également été trouvés en position secondaire*.
Ainsi, à Saran, l’extension des zones de fouilles et la multiplication des datations par radiocarbone* permettent de comprendre l’évolution de la topographie funéraire régulièrement observée sur d’autres sites de même période.
Cette « géographie des espaces funéraires » entre le 6e et le 11e s. est une des manifestations du long processus de mise en place des paroisses et de la progression de l’influence de l’Église sur la gestion des morts, jusqu’à l’installation des cimetières paroissiaux autour des églises aux 11e et 12e s.
Panneau 3
La découverte récente d’inhumations (9e – 13e s.) à l’arrière de l’église Saint-Martin interroge sur la possibilité qu’il s’agisse déjà du cimetière paroissial. Les premières traces d’une église remontent au 14e s. par une mention dans les archives au lieu-dit Clos de l’Église, aujourd’hui oublié. L’actuelle église Saint-Martin daterait du 15e s. (4) Elle serait localisée à l’emplacement d’une chapelle d’un château disparu et dont le nom n’a pas été conservé. Le cimetière de l’église sera utilisé jusqu’à sa fermeture à la fin du 19e s. et remplacé par le cimetière communal, route de Chartres.
Au sud, l’église Notre-Dame des Aydes, qui correspond aujourd’hui au théâtre de la Tête Noire, était au 12e s. la chapelle d’une léproserie. Elle a connu des reconstructions aux 15e et 16e s. Cet établissement était réservé aux lépreux et plus généralement aux malades que l’on souhaitait isoler ainsi qu’aux clercs et laïcs qui les assistaient. (5)
Aujourd’hui, les pratiques sont mixtes : crémations et inhumations. Le cimetière intercommunal des Ifs, pourvu d’un crématorium, a été créé en 1994.
Lexique :
*position secondaire : ce qui est retrouvé hors du contexte d’origine.
*datation au radiocarbone : méthode de datation fondée sur la mesure de l’activité radiologique du carbone 14 contenu dans la matière organique. Elle renseigne sur le temps écoulé depuis la mort de l’organisme (animal ou végétal) qui le constitue.