Dans la continuité de la période précédente, de nombreuses structures liées au stockage de denrées sont aménagées dans des espaces dédiés, au sein ou à proximité des habitations. Certaines sont creusées (silos, coffres, celliers et souterrains), d’autres sont aériennes (greniers et granges). La spécificité à Saran est la fabrication de gros pots de stockage entre le 8e et le 14e s.
Les silos servent à conserver les grains, les semences, les légumineuses et les tubercules (1). Entre le 8e et le 11e s., leur nombre et leur volume augmentent, révélant une intensification de l’activité agricole et des besoins de stockage. Les contenus sont consommés sur place et servent aussi au commerce.
Des aires d’ensilage réunissent jusqu’à une dizaine de silos de volumes variés, entre 0,5 et 1 m3, dans des parcelles spécifiques ou près des habitations. Certaines sont protégées par des appentis. Parfois, les silos sont intégrés directement au sein des habitations.
Des celliers sont intégrés ou accolés aux habitations sur les ZAC des Vergers et des Portes du Loiret (2). Leur surface varie entre 10 et 40 m² avec une profondeur conservée entre 0,18 et 0,60 m.
Des emplacements de coffres en bois ont été mis en évidence dans les habitations ou associés à des silos sur les ZAC des Vergers et des Portes du Loiret (3). Cette forme de stockage interroge : peut-être était-elle dédiée à un type précis de végétal ou de denrée ?
Sur le site de la ZAC des Portes du Loiret, six souterrains des 10e-11e s. sont associés à des habitations en surface (4). Utilisés comme refuge en cas d’attaque, ils servent aussi à stocker des denrées conservées dans des pots dont certaines ne laissent pas de traces (salaisons, charcuteries, fromages ou boissons). L’hypothèse de stockage de fourrage pour les animaux est envisagée grâce à l’analyse de phytolithes (concrétion de silice qui se forme dans les plantes pour les renforcer contre les stress externes, comme la toxicité des métaux ou les températures extrêmes).




