Le territoire de Saran couvre aujourd’hui 1 960 hectares et intègre une partie de la forêt d’Orléans. Il est entouré des villes d’Orléans, Ormes, Fleury-les-Aubrais, Chanteau, Gidy et Cercottes (1).
Les limites actuelles de la commune, définies à la Révolution française, sont héritées du façonnage du paysage au cours du temps. Les confins du territoire saranais jusqu’au milieu du Moyen Âge sont difficiles à restituer, en l’absence de documentation écrite et de plans anciens, bien que des limites parcellaires aient été observées à l’échelle des sites archéologiques
Ce territoire se situe sur le plateau de calcaire de Beauce surmonté de marnes (altération du calcaire), de sables et d’argiles. Ces formations géologiques sont exploitées pour les activités domestiques, agricoles et artisanales, au moins depuis l’âge du Fer (2).
Si ce cadre géologique est propice aux installations humaines, il est aussi à l’origine d’aléas* environnementaux qui les impactent : des effondrements karstiques* ou des problèmes de retrait/gonflement des argiles liés aux variations climatiques sont visibles sur les sites étudiés dès la Protohistoire.
Les recherches archéologiques permettent de restituer des vallons témoignant de la présence de rivières ou d’anciens bras de la Loire actifs avant l’implantation humaine. S’il n’y a plus de cours d’eau permanents, de nombreuses mares ou des trous d’eaux semi-permanents se forment dans l’argile imperméable. Elles ont également montré l’existence, depuis la Protohistoire, de collecteurs d’eaux pluviales (citerne) ou liés à son évacuation (puisard) ainsi que des puits pour prélever l’eau des nappes souterraines.
La forêt d’Orléans donne un accès privilégié au bois, matière première incontournable pour la construction, les besoins domestiques et l’artisanat. Comme l’indiquent les découvertes archéologiques et l’étude des archives, la forêt est exploitée depuis la Préhistoire. À partir du Néolithique, elle est défrichée* pour créer des espaces agricoles (culture et élevage).
Jusqu’à la fin du 20e s., l’exploitation de l’argile et du bois fournit une source de revenus importante aux exploitants. Le développement de ces activités est favorisé par la proximité de la ville d’Orléans et ses nombreux débouchés.
Lexique :
* aléas : événements imprévus
* karstiques : paysage formé par la dissolution de roches, comme le calcaire par l’eau. L’eau de pluie, légèrement acide, creuse la roche, ce qui crée des formes très particulières.
* défrichée : la forêt est coupée et les broussailles sont retirées pour cultiver la terre ou construire des bâtiments.



