L’une des particularités de la production de terre cuite à Saran est la fabrication à la fois de poteries et de terres cuites architecturales (éléments de toiture et de maçonnerie). Les ateliers mis au jour sont nombreux (1).
Trois facteurs importants ont contribué au développement de cet artisanat important :
• la présence de matières premières abondantes, en particulier l’argile et le bois
• l’accès facilité aux réseaux de distribution par voies terrestres et navigables ;
• une vaste aire de consommation, dont la ville d’Orléans comme principal débouché.
Le haut Moyen Âge (6e- 9e s.)
L’activité potière est attestée à partir du 6e s. dans le village potier des secteurs de la Médecinerie, de la Hutte et de la Guignace. La production y est intense du 7e au 9e s., comme l’indiquent la quarantaine de fours de potiers / tuiliers et les tonnes de fragments mis au jour. Sur les sites de consommation, l’omniprésence de ces productions dans un rayon de 60 km témoigne du monopole exercé par les ateliers. Cette prédominance et cette pérennité s’expliqueraient par la présence d’une autorité de premier rang (royale ou comtale).
Des ateliers de potier de dimensions plus modestes sont aussi identifiés dans des établissements ruraux périphériques (ZAC des Vergers, le Mesnil, la Motte Pétrée). La production s’y trouve sans doute plutôt saisonnière, et destinée aux habitants ou au marché local.
Le Moyen Âge
À partir du 10e s., l’activité évolue sous la forme d’ateliers plus réduits : découverte d’un four de potier du 10e s. dans le centre bourg et de deux fours des 10e– 11e s. dans le village de la ZAC des Portes du Loiret.
Des fosses de tours de potier des 13e-14e s. au Grand Sarry montrent la continuité de la production sur le territoire saranais.
En parallèle, d’autres ateliers se mettent en place dans la forêt d’Orléans.
L‘Époque moderne
Les indices, plus ténus, correspondent à un four de la fin du 15e -16e s., mis au jour dans le centre bourg, qui pourrait avoir servi à la production de terres cuites architecturales.
L‘Époque contemporaine
Les productions de tuiles et de briques perdurent jusqu’au milieu du 20e s. comme en témoigne la briqueterie de la Montjoie. Implantée vers 1895, elle remplace la manufacture localisée à la Tuilerie. La production s’élève jusqu’à 4 millions de briques par an. Suite à l’arrêt de l’activité en 1958, les bâtiments sont transformés par l’entreprise Quelle, qui s’installe en 1966 (2, 3 et 4).
La présence de l’activité potière à Saran durant ce temps long induit une organisation économique spécifique avec la présence de corps de métiers variés depuis l’extraction et le transport des ressources jusqu’au commerce des produits réalisés.




